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EN BREF
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Sindé Chékété, en revenant de l’ITB Berlin, a affirmé que le Bénin se positionne comme une destination touristique compétitive en misant sur sa culture et son patrimoine. Sa stratégie repose sur cinq axes principaux : l’histoire des royaumes béninois, la valorisation des traditions et du vodoun, la promotion de l’art et de la créativité, les merveilles naturelles, et le tourisme d’affaires. Bien que le tourisme balnéaire soit en forte demande, Chékété met en avant l’unicité de la richesse culturelle du Bénin pour attirer les touristes. Il souligne également l’impact positif de la facilité d’accès à la destination, notamment grâce à la suppression du visa pour certains visiteurs. Avec pour objectif d’atteindre une contribution de 10 % au PIB par le tourisme d’ici 2060, il recherche des investisseurs privés pour soutenir ce secteur. Enfin, il aborde la sécurité des touristes en s’assurant que les zones à risque restent inaccessibles tout en travaillant sur des mesures de sécurité pour les sites touristiques.
Dans un contexte où le secteur du tourisme devient de plus en plus compétitif, Sindé Chékété, le ministre du Tourisme du Bénin, met l’accent sur un changement de paradigme en prônant une stratégie centrée sur la culture. Avec une vision axée sur le patrimoine, l’histoire et la richesse historique du Bénin, il présente des arguments convaincants pour attirer les investisseurs et les touristes, tout en transformant le pays en destination incontournable. Cet article explore les stratégies mises en place par Sindé Chékété pour promouvoir le Bénin en tant que pôle culturel et touristique, son impact sur l’économie locale et les efforts déployés pour assurer la sécurité et la croissance dans ce secteur.
La stratégie touristique du Bénin
La stratégie touristique du Bénin se décline en cinq axes principaux, chacun mettant en lumière des éléments essentiels et uniques de la culture et de l’histoire du pays. Sindé Chékété insiste sur l’importance de cette approche pour différencier le Bénin des autres destinations touristiques déjà établies.
L’histoire et la mémoire
Le premier axe de cette stratégie repose sur l’histoire et la mémoire. Le Bénin, reconnu pour sa riche histoire, notamment celle des différents royaumes qui ont prospéré sur son territoire, offre une profondeur culturelle remarquable. La mise en avant de l’histoire des Amazones et des événements tragiques entourant l’esclavage et la traite des Noirs sont non seulement des éléments d’identité mais aussi des aspérités qui peuvent attirer les visiteurs intéressés par des récits historiques et émouvants.
Le patrimoine et les traditions
Le patrimoine et les traditions représentent le deuxième axe. Le Bénin se distingue par sa culture vaudoue, un aspect qui attire à la fois les visiteurs nationaux et internationaux. Les Vodun Days, la route des couvents ainsi que le futur Musée international du Vaudou à Porto-Novo, sont autant d’initiatives qui témoignent de l’engagement du pays à valoriser ses traditions.
L’art, la culture et la créativité
Le troisième axe s’oriente vers l’art et la créativité. Le Bénin est un véritable vivier de talents créatifs, nourrissant l’artisanat local, la musique et les danses traditionnelles. En investissant dans la scène artistique, le pays peut non seulement enrichir son offre culturelle mais aussi créer un écosystème dynamique qui attire les passionnés d’art.
Les merveilles de la nature
Le quatrième axe de la stratégie se focalise sur la nature, permettant de découvrir pourquoi le Bénin est souvent décrit comme un « monde de splendeurs ». Entre parcs nationaux, paysages diversifiés et biodiversité impressionnante, le pays offre un cadre naturel envoûtant qui complète son offre culturelle. L’émergence d’une zone balnéaire à Avlékété, sur le littoral, permettra également de séduire davantage les amateurs de vacances en bord de mer.
Le tourisme d’affaires
Enfin, le dernier axe introduit le tourisme d’affaires. Le Bénin vise à renforcer sa capacité à attirer des conférences, des séminaires et des rencontres d’affaires, ajoutant une nouvelle dimension à son offre touristique. Cela contribuera non seulement à la diversification de l’économie mais également à une meilleure valorisation de la culture béninoise sur la scène internationale.
La culture comme levier central
Sindé Chékété souligne que les enjeux liés à la culture transcendent la simple promotion touristique. Pour lui, la culture est un levier central de différenciation, de visibilité et d’attractivité pour le Bénin. En mettant l’accent sur la culture, le pays espère capter l’attention de touristes en quête d’expériences authentiques et enrichissantes.
En réaction à la nature compétitive du secteur, il est crucial de ne pas se contenter d’une offre uniforme axée sur le tourisme balnéaire standard. Le Bénin adopte une posture proactive en développant un ensemble d’offres qui pourront séduire des publics variés. Du culturel au balnéaire, cette diversité enrichie pourrait positionner le pays comme un acteur clé dans le secteur touristique africain.
L’ouverture sur le monde : l’impact des visas
Le Bénin a été l’un des premiers pays africains à opérer une réforme majeure concernant les visas. L’instauration d’une politique de suppression de visa pour certains pays africains et le processus simplifié pour l’obtention de visas pour d’autres nationalités ont largement contribué à l’augmentation de la fréquentation touristique. Selon Sindé Chékété, cette ouverture a non seulement facilité l’accès à la destination béninoise, mais a également généré un intérêt accru pour sa culture.
Avec l’augmentation des infrastructures touristiques, la facilité d’accès est devenue un critère de choix. En ayant mis en place une gestion efficace des visas, le Bénin pourrait continuer à attirer un nombre croissant de visiteurs, renforçant ainsi l’économie locale. Cela a également permis aux croisiéristes accostant sur les côtes béninoises de bénéficier d’une exemption de visa de 72 heures, un atout non négligeable pour dynamiser le secteur.
Le tourisme comme moteur de croissance économique
Dans le cadre du Plan Bénin 2060 Alafia, le gouvernement vise une contribution du tourisme au PIB d’au moins 10%. Selon Sindé Chékété, le secteur du tourisme est à présent considéré comme le deuxième pilier de développement du Bénin, juste après l’agriculture. Pour réaliser cet objectif ambitieux, il est essentiel d’attirer des investisseurs privés. Le ministre du Tourisme explique que l’État a déjà investi dans plusieurs infrastructures pour démontrer sa volonté de développement touristique.
Inviter des investisseurs dans des domaines variés, tels que les réceptifs hôteliers, les tours opérateurs et les prestataires de services, est devenu une priorité. Le gouvernement s’efforce de favoriser un écosystème touristique, où chaque acteur joue un rôle essentiel dans la promotion de la destination Bénin.
Assurer la sécurité des touristes
Un des enjeux majeurs pour le secteur touristique reste la situation sécuritaire. Les parcs de la Pendjari et du W, bien que reconnus pour leur potentiel touristique exceptionnel, se situent dans des zones classées comme à risque, rendant difficile leur exploitation touristique. Sindé Chékété affirme que la sécurité des touristes est une priorité et que des mesures sont prises pour garantir une expérience sans risques.
Bien que l’offre actuelle de safaris dans ces régions soit temporairement suspendue, le ministre évoque des efforts en cours pour sécuriser ces zones touristiques. Avec le soutien du gouvernement, une approche intégrée entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense est mise en œuvre pour assurer la reprise des visites touristiques dans ces régions, à terme, avec un risque minimal.
Les événements culturels : renforcer l’attractivité
Des initiatives comme les Vodun Days à Ouidah représentent des efforts notables pour animer la scène culturelle tout en attirant les touristes. Chaque année, cet événement célèbre la culture vaudoue sous ses multiples formes, engageant à la fois la communauté locale et les visiteurs internationaux. Des événements tels que ceux-ci jouent un rôle essentiel dans la mise en avant de la diversité culturelle, contribuant à l’identité et la visibilité du Bénin à l’échelle mondiale.
Ces manifestations permettent également de consolider les liens entre la culture et le tourisme, créant une synergie bénéfique pour l’économie locale. En mettant l’accent sur des événements culturels bien organisés, le Bénin établit sa réputation comme une destination où le patrimoine culturel et les expériences authentiques priment.
Exploiter les nouvelles technologies pour promouvoir la culture
À l’ère du numérique, exploiter les nouvelles technologies est devenu indispensable. Le Bénin cherche à utiliser les outils numériques pour promouvoir sa culture et ses offres touristiques. L’intégration des plateformes en ligne pour rendre les informations touristiques plus accessibles est une des priorités. Cela permet aussi de toucher un public plus large, notamment les jeunes générations qui privilégient les expériences authentiques.
Des innovations dans le secteur touristique, telles que des visites virtuelles de musées ou de sites historiques, peuvent servir d’outil de pré-commercialisation. Cela incite les visiteurs à planifier leur séjour, tout en leur donnant un avant-goût de ce que le pays a à offrir. La combinaison de culture et de technologie crée une dynamique qui pourrait propulser le Bénin sur le devant de la scène touristique mondiale.
La vision de Sindé Chékété est claire : le Bénin doit miser sur sa culture comme levier de développement. En diversifiant son offre et en garantissant la sécurité des touristes, le pays peut non seulement devenir une destination prisée mais également stimuler son économie locale. Ce projet ambitieux, centré sur la richesse culturelle et historique du pays, s’annonce comme une véritable stratégie d’avenir qui pourrait faire du Bénin un acteur incontournable du tourisme en Afrique.

Témoignages sur Sindé Chékété : « Miser sur la culture, une stratégie d’avenir »
Sindé Chékété est reconnu pour sa vision audacieuse en matière de tourisme au Bénin. En investissant dans la culture, son approche met en lumière les trésors historiques et artistiques du pays, comme l’histoire des royaumes du Bénin et les traditions du vodoun. Son engagement à valoriser ces richesses culturelles a suscité de nombreux échos positifs parmi les acteurs du secteur.
Les initiatives comme les Vodun Days et le futur Musée international du Vaudou soulignent l’importance de la culture dans l’attractivité touristique. Une professionnelle du secteur a déclaré : « L’accent mis sur la culture par Sindé est une véritable aubaine pour le Bénin. Cela nous distingue des autres destinations africaines. »
En parallèle, la création d’une zone balnéaire à Ouidah témoigne de l’équilibre que Sindé souhaite atteindre entre le tourisme culturel et le tourisme balnéaire. Comme l’indique un acteur local : « Cette dualité dans l’offre touristique est essentielle. Nous avons besoin d’attirer à la fois ceux qui cherchent des plages et ceux qui désirent plonger dans notre histoire. »
Sa vision ambitieuse inclut une contribution du tourisme de 10 % au PIB du Bénin à l’horizon 2060. Un investisseur potentiel a partagé son enthousiasme, affirmant que « les efforts de Sindé montrent qu’il y a une réelle volonté politique d’intégrer le tourisme dans le développement économique du pays. C’est le moment d’investir. »
La question de la sécurité est également au cœur de ses préoccupations, en particulier pour les zones classées rouges comme la Pendjari. Chékété est ferme : « Nous n’engageons pas les visiteurs dans ces zones tant que nous ne pouvons garantir un risque zéro. » Cette approche rassurante du ministre témoigne d’une forte volonté de faire du Bénin une destination sécurisée.
Dans le tableau général, la stratégie de Sindé Chékété, actuellement soutenue par des investissements étatiques, semble prometteuse. Les acteurs du secteur attendent avec impatience les retombées de son initiative centrée sur la culture, qui pourrait transformer le paysage touristique du Bénin.

